C’est quoi un Syndicat#

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C’est quoi un Syndicat#

Vis à vis d’une association ou d’une coopérative#

En Allemagne, un syndicat est une association ayant pour objet la défense des travailleuses et des travailleurs. Il n’y a donc, à priori, pas de différences avec une association.

Juridiquement, en France un syndicat dispose de plusieurs capacités particulières : celles de représenter juridiquement les salariés, est proche aux associations de défenses d’intérêts.

Cependant, ce statut garantit aussi un certaine anonymat, y compris vis-à-vis de la police, et de liberté d’expression.

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Aurais-tu des sources à ce sujet ? On peut effectivement adhérer anonymement à un syndicat (c’est à dire que l’employeur ne peut exiger du syndicat la liste des membres, mais l’adhésion à une asso peut être anonyme également) ; les locaux syndicaux bénéficient d’une certaine protection juridique, mais concernant l’anonymat vis à vis de la police ça m’intéresse je n’en avais jamais entendu parler avant.

C’est lié a son rôle historique de lanceur d’alertes.

Si l’adhésion à un syndicat peut-être pseudonyme, la reconnaissance par un syndicat d’un action ou d’une parole permet de protéger un·e salarié·e·s dans le cadre de ses revendications ou de son expression.

La différence avec une association, en plus des protections des données, est simplement la plus grande facilité à se faire reconnaître comme compétent sur le lieu de travail. À l’inverse, cela ne discrédite pas pour autant un syndicat en dehors de celui-ci.

Pour les syndicats qui sont d’accord pour participer, il est possible d’être élus en tant que salariés, et d’avoir accès à des informations protégées, comme les dépenses de l’entreprise.

Ces prérogatives changent en fonction du type de structure.

Les universités par exemple doivent soumettre aux votes des représentants syndicaux certaines décisions.

Un syndicat permet aussi de gérer des formations syndicales.

Les salarié·e·s —syndiqué·e·s ou non— peuvent suivre sur leur temps de travail des formations proposées par un syndicat.

Dans le privé, il y 12 jours de formations par an, 14 pour les elu·e·s.

L’employeur n’a pas le droit de refuser, ni à connaitre le contenu de la formation, et læ salarié·e est payé normalement pendant cette formation.

Dans la définition, un syndicat reste une association de défense des intérêt de ses membres (copro, patronat, etc…).

Beaucoup d’associations sont en fait des syndicats, mais n’en ont simplement pas le statut, où ne s’en réclament pas.

Du coup un syndicat n’a pas d’autres champs d’actions propres que ses statuts.

D’ailleurs le premier syndicat national (la fédération des bourses du travail) avait autant le rôle de mettre en relation travailleu·r·ses et patrons, de former le prolétariat, que d’aider à la constitution de coopératives.

Ces différents rôdes avaient plusieurs avantages : fixer les salaires et les conditions de travail collectivement, permettre un transmission des savoir-faires parmi celles et ceux qui défendent les mêmes intérêts, et faire en sorte que les coopératives soient une alternative au salariat, et non une concurrence.

Des définitions différentes#

Historiquement#

Si historiquement les syndicats —très proches des anarchistes— sont créés dans un objectif de changer le système productif dans l’intérêt de toutes et tous, en évitant de se faire récupérer par les partis politiques.

Ce que explique le fonctionnement dont ils héritent : des syndicats par la base, fédérés par savoir-faire*, et confédérés sur un territoire.

C’est évidemment ironique vu leur développement futur : le parti communiste, puis socialiste, qui à force de noyautage ont détourné ces organisations.

Aujourd’hui, les centrales syndicales reflètent ces visions particulières: un centralisme des négociations, voire de la cogestion.

De transformation sociale#

Les premiers syndicats ont pour objectif de changer radicalement la société depuis son système productif.

Il s’agit de faire la révolution via la grève et l’autogestion des entreprises, à la place de l’insurrection, suite à l’expérience de la commune de 1871. Elle sera illustrée en Espagne avec l’expérience libertaire de 1936 en Catalogne et en Aragon.

Dans la seconde moitié du XXe siècle la CGT impose une vision plus autoritaire de cette transformation sociale. Si elle fait toujours partie des syndicats de luttes, ça la différencie des syndicats par démocratie direct (SUD SOLIDAIRE) ou autogéré (CNT).

Ce positionnement explique pourquoi les syndicats s’expriment sur le fascisme, l’écologie, l’exil, et d’autres sujets de sociétés.

Si à priori la charte d’Amiens interdit aux syndicats de se mêler de politique, il s’agit en fait d’une volonté de se distancer des partis politiques.

De cogestion#

D’autres syndicats veulent réformer le capitalisme.

Il ne s’agit alors que de mutualiser les services (juridique, de formation) aux salarié·e·s. Généralement, ils abandonnent leur rôle de lanceurs d’alertes, puisqu’ils cherchent à travailler avec les dirigeants, et non avec le reste de la société. C’est le cas de la CFDT.

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Malheureusement oui. On peut mentionner que ça n’a pas toujours été le cas et que la CFDT a mené des expériences extrêmement intéressantes en matière d’autogestion jusqu’à il n’y a pas si longtemps, mais que désormais la plupart des militants “sincères” sont partis dans d’autres structures (et en particulier SUD). Exemple : https://autogestion.asso.fr/les-lip-quarante-ans-apres/

Même dans ces structures, les personnes à la base qui sont souvent plus revendicatives que leur centrale, au point d’être trahit par elle.

On peut citer la CFDT qui a dissout et volé l’argent d’un de ses syndicat qui ne voulait pas signer un accord avec son employeur.

Est ce qu’au final on s’en balance non ?#

La forme juridique du syndicat est un outil qui est objectivement meilleur que les association sur ce plan, puisqu’elle permettent plus.

Par contre les centrales syndicales ont du mal avec la diversité.

Il faut donc imposer un rapport de force avec elles. Elles ont déjà sabotées des initiatives similaires. On peut citer des associations de luttes qui gagnent des luttes (Droit au Logement, Dissenssus, La Quadra).

En général ce qui est déterminant c’est le rapport de force.

À savoir sur les syndicats#

Bien que peu de confédérations soient encore dirigées par la base, elles en héritent la forme confédérale : des syndicats à la base sont autonomes sur une grande partie de leurs activités.

Ils se fédèrent avec les syndicats partageant le même savoir-faire (généralement des industries ou des métiers), et s’unissent sur leur zone géographique.

On a donc :

  • Syndicat

  • Union Local (généralement les syndicats d’une ville)

  • Union Départementale

  • Union Régionale

  • Fédération de l’industrie ou du métier du syndicat

Il y a des syndicats de métallurgie, d’éducation, mais à défaut il peut exister des syndicats interprofessionnels (appelés aussi intercos), qui permettent une activité pour les personnes n’étant pas assez nombreuses pour former un syndicat.

Car s’il faut être 2 pour juridiquement former un syndicat, ça peut-être insuffisant pour être visible (rédiger des tracts, former des cortèges, tenir des permances syndicales, …).

Les syndicats tiennent souvent des permanences, afin de conseiller et aider les salarié·e·s et de permettre leur adhésion.

Il n’échappera à personne la culture Marxienne, voir marxiste des syndicats de luttes. Elles impliquent une solidarité entre les travailleuses et travailleurs.

Ça implique qu’à la base, les syndicats de lutte peuvent vous aider si vous êtes manifestement dans une démarche de lutte des classes.

Des Confédérations Syndicales travaillent régulièrement ensemble, comme pour organiser le 1er Mai, tout comme leur fédérations. Par exemple lorsque les personnels soignants appellent à la grève, ielles le font au travers d’une réunion des représentant·e·s locaux des fédérations des personnels soignants.

Dans le premier cas, comme le second, on appelle ça l’intersyndicale.

Critique de la forme syndicale#

Un syndicat est une organisation. Il y a donc des luttes et des abus de pouvoirs.

Beaucoup de critiques des syndicats pointent les trahisons de leurs bureaux parisiens, et pourraient être étendues à des associations de luttes ou des partis.

On reproche aussi le productivisme aux syndicats, si c’était vrai des tendances majoritaires, ça l’est de moins en moins avec la montée du syndicalisme vert dans les confédérations. S’organiser sur la question du travail n’empêche pas sa critique, au contraire.

Critique et limites du syndicalisme (et en particulier des centrales) dans le cadre du mouvement de lutte contre la réforme des retraites et à la suite du mouvement des Gilets Jaunes : https://acta.zone/pour-une-gilet-jaunisation-du-mouvement-social/

Analyse sur (entre autre) des syndicats ouvriers et de la gauche révolutionnaire par Bookchin (un point de vue écologiste / municipaliste libertaire) : https://blog.agone.org/post/2019/10/07/Sortir-de-l-impasse-%28II%29

Critique des syndicats du point de vue de l’autonomie ouvrière: https://www.infolibertaire.net/autonomie-ouvriere-syndicat/

— 1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_d%27Amiens 2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9d%C3%A9ration_fran%C3%A7aise_d%C3%A9mocratique_du_travail#Condamnations